A la reflexion j’ai surtout écrit ces lignes pour moi, mais j’imagine que certains se retrouveront dans mon parcours. 

 

Je crois que ça fait un moment que j’ai pas fait une pause et regarder en arrière le chemin déjà parcouru. 

 

D’aussi loin que je le souvienne, de mon premier jour d’étude en ostéopathie j’ai été passionné, je débordais et déborde de passion pour cette profession et ce qu’elle peut devenir. Comme beaucoup de passionné j’ai été dans les extrêmes, comme beaucoup qui recherche des certitudes pour se rassurer j’ai cherché la Vérité avec un grand V dans la Science avec un grand S, j’ai aussi été dans l’ésotérisme et le pseudoscientifique.

 

Il y a eu des doutes, beaucoup, des moment ou j’ai voulu baisser les bras. L’ostéopathie, le libéral, l’irrégularité de frequentation au cabinet. C’est un travail d’apprendre a gérer l’incertitude, l’identité professionnelle, sa philosophie de traitement, communiquer avec les patients, la lise a jour, se renouveler sans cesse. Il y a eu également tellement de belle chose parce que j’ai su oser, parfois avec audace, mais il y a un adage qui dit qu’il vaut lieux demander pardon que la permission. J’ai été et je suis encore très dur et critique envers moi même, parfois envers les autres mais je le soigne !

 

Et j’arrive en 2024 a mes 9 ans de d’exercice et je n’ai pas fait que du cabinet, loin de là. 

 

Lancer une chaine youtube en 2016 croyez moi c’est une expérience. Vouloir informer, conseiller, vulgariser c’est un chemin semer d’embuche, d’erreurs, de critiques et surtout d’enseignement riche de sens. Cela m’a sans doute aider a faire preuve de détachement, non seulement envers les critiques mais aussi envers la flatterie. Lafontaine nous disait que « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute ». Voyez à quel point je peux être dur avec moi même !

 

Animer des atelier d’exercices de prevention pour des patients le weekend, c’est créer un dispositif, des objectifs, animer un groupe, créer une dynamique positive de partage et d’apprentissage. Ça m’a servi de base pour ce que je fais actuellement a l’ISOGM dans les cours que je donne et dans la coordination pédagogique. 

 

Au milieu de cela le Covid m’a offert l’opportunité d’écrire un bouquin de prévention a destination des patients « 50 exercices pour se passer d’ostéopathe » aux edition Eyrolles. Experience incroyable, titre qui a fait grincer des dent, (pas vrai Daniel ?) mais juge t on vraiment un livre a sa couverture ? (je me rassure comme je peux …)

 

Mon expérience video m’a alors valu de pouvoir animer des formations sur la communication digitale et le montage video a l’ORIFF-Pl, d’ailleurs Mathieu, si tu lis ça, un immense merci pour les présentations. 

 

Je me souviens qu’en 5e année, je m’étais promis et mis comme objectif de revenir a l’ISOGM pour donner des cours. J’avais ce feu qui brulait en moi de vouloir partager et transmettre cette passion qu’on m’a transmise. La route a été longue, et un jour d’été en 2020, le telephone a sonné et l’aventure commençait ! 

 

Imaginez l’excitation, j’ai du attendre 5 longues années pour pouvoir prétendre donner des cours en école, sans aucune certitudes. Le seule certitude que j’avais, c’était d’avoir donner le meilleur de moi meme pour laisser une bonne impression. Cela à visiblement été le cas. De ces année je garde gravé au fer rouge deux citations qui m’ont guidées pour vraiment viser l’excellence. Lorsque nous rentrions dans l’école, en passant les portes, il y avait un grand tableau de bois jaunit par le temps sur lequel était inscrit ceci : 

 

« Rien au monde ne peut remplacer la persévérance.

Ni le talent : le monde regorge de gens plein de talent qui ne sont arrivés à rien.

Ni le génie : ne dit on pas couramment « un génie méconnu ».

Ni l’éducation : les érudits inutiles sont légion.

Seules la persévérance et la détermination peuvent tout. » 

D’un auteur inconnu. 

 

Pus loin, sur le tableau d’affichage des planning il y avait une citation peu connue de W. G. Sutherland qui raisonne encore en moi : 

« une connaissance limitée est dangereuse, immergez vous ». 

Il a pas dit que des connerie finalement ! 

 

Croyez moi ou non, j’ai fais plus que m’immerger, j’ai littéralement plonger dans l’océan et fait bon nombres de longueurs.

 

J’ai commencé, en 2020, par donner des cours de pratique et superviser des étudiants en clinique pendant deux ans avant de passer coordinateur pédagogique et je fini cette année mon master 2 en science de l’education. 

 

Ce master a été pour moi une évidence et un vrai plaisir. J’ai eu des confirmations, j’ai affiner mes connaissance et surtout formaliser certaines de mes pratiques. J’ai également pu aiguiser mon esprit critique et mes compétences en recherche pour enfin m’avouer que j’aimais la recherche. 

 

Je suis depuis longtemps attiré par le recherche et la science. Je suis convaincu qu’il y a un virage sérieux à négocier pour l’ostéopathie et sans doute changer de paradigme, d’épistémologie. 

 

J’ai toujours eu l’impression d’être un imposteur sur ce plan, la sensation de pas avoir assez de competences, de pas être a ma place. 

 

J’ai pris conscience que ces limites sont celles que je m’impose et que je peux les laisser derriere moi. 

 

La recherche, l’intégration des données probantes dans la pratique , la mise a jour des modèles progressive, dans la pertinence, la justesse et la temperance c’est la voie dans laquelle je plonge.

 

C’est d’ailleurs le thème de mon mémoire de master 2 : « Impact de l’appropriation des données probantes sur le développement du raisonnement clinique des étudiants en ostéopathie en formation initiale de l’ISOGM. Résultats d’enquêtes et recommandations. » 

 

Personnellement, ce mémoire m’a redonné gout à l’écriture, chose que j’avais un peu délaisser au profit d’autres productions, notamment vidéos. J’ai pu, à travers ces différentes recherche et ma thématiques plonger au coeur des différentes méthodes et paradigmes scientifique afin de continuer à mieux me familiariser avec ces dernier, me les approprier en les pratiquant et en échangeant. Professionnellement c’est aussi une prise de conscience sur l’identité de la profession, ses caractéristiques, son cheminement et son avenir. J’ai envie de m’investir davantage sur le volet recherche et pédagogie. Le changement pourrait venir de la formation en elle même, plus structurée, en constant lien avec d’autres structures universitaires ou non, structurer la connaissances au profit du développement des compétences et de la profession. 

 

Je le fini (ce Master) a la manière d’un alignement de planètes: une soutenance le 22 juin en milieu de matinée (jour des 150 ans de l’ostéopathie) précédé d’un pèlerinage a Kirksville (berceau de l’ostéopathie). Cela me donne la sensation d’une fin de saison épique à la Game of Thrones ! 

 

Pour moi il y aura un avant et un après, personnellement et professionnellement. 

 

Alors oui, quand je regarde en arrière, je me dis que le gosse de 8 ans que j’ai un jour été peut être fier. Le sentiment d’avoir accompli quelque chose est présent, le sentiment de pouvoir commencer un nouveau chapitre aussi. 

 

Aujourd’hui, les doutes sont toujours présent, mais je les choisis consciemment pour qu’il soient constructifs et réflexifs. J’ai encore parfois (souvent) du mal avec l’incertitude mais si j’ai appris quelque chose depuis toutes ces année c’est prendre en compte mes émotion pour pouvoir mieux m’en detacher et m’en servir dans ma prise de décision. 

 

les choses importante prennent parfois du temps mais sans stratégie, rien n’abouti « il n’y a pas de vent favorable a celui qui ne sait pas ou il va » Sénèque. 

Julien Moreno ostéopathe Montpellier